Puisque je vous le dis

samedi 4 novembre 2017

Vous avez dit libération sexuelle ?

Posté par CcileA à 18:38 - Commentaires [0] - Permalien [#]


samedi 30 septembre 2017

Marlène Schiappa, droits des femmes et travers politiciens

 

Posté par CcileA à 13:48 - Commentaires [0] - Permalien [#]

dimanche 3 septembre 2017

Le repli

Après maintes années d'exaspérants tracas

Entre les grondements enragés des moteurs,

Les trottoirs ravagés par les marteaux-piqueurs

Dans une agitation qui ne s'arrête pas,

 

J'ai pris la clé des champs sans tambour ni fracas.

Au pré, je veux aller cueillir quelques bonheurs

Solitaires parmi les exquises senteurs

du foin sucré, des fleurs, de la terre et des bois.

 

 

L'exhalaison de la verdure me ravive et m'apaise tandis qu'à mon oreille tinte avec indolence le pas lointain des ruminants. Les vieilles pierres qui me toisent au pignon des habitations, les porches sans âge, les vastes portes cochères aux planches patinées donnent le sentiment fabuleux que le temps s'est arrêté.

La campagne déploie à des lieues à la ronde un silence si profond qu'il en devient troublant. Ici s'esquisse la frontière du territoire humain, car bien que le bipède égoïste s'approprie tout ce qui existe, l'endroit où sa présence se fait rare abrite d'autant mieux l'exubérance discrète et sublime de la vie sauvage.

S'ébahir sans fin de sa beauté, cela n'a pas de prix. En peu de jours, j'ai pu voir presque autant de mammifères sauvages vivant en liberté que dans toute ma vie. J'ai surpris la course folle d'un renard à travers un pré, les bonds d'un chamois au détour d'un sentier, la promenade d'un chevreuil en forêt. A tous, avant de les perdre de vue, eux que la férocité d'un chasseur pourrait abattre bientôt, j'avais envie de crier que je les aime à mourir, mais je me suis abstenue, sachant qu'ils n'entendent goutte à mes mots.

Que j'ai eu tort aussi de me laisser priver pour des sottises d'observer les papillons ! C'est ainsi qu'un spectacle, pourtant commun, m'a retenue et émerveillée sur le bord d'un chemin. Sous mes yeux charmés tourbillonnaient comme par magie les couleurs d'un rêve tandis qu'une ribambelle d'argus bleus butinait en compagnie d'abeilles et d'autres hyménoptères une rangée de fleurs en épi rose vif que je crois être une variété de trèfles.

argus bleu2

J'ai même découvert, un soir, une étoile tombée dans l'herbe, une femelle lampyre, encore appelée ver luisant. Je me suis sentie profondément émue par cette bestiole dont j'avais presque oublié l'existence depuis mes années d'enfance, où nous les guettions quelquefois sous le buis du jardin. Cette petite femelle qui ne paie pas de mine à la lumière du jour, se transfigure le soir en astre miniature dans l'attente patiente de son cavalier ailé. Après une unique œuvre de génération, ces insectes se laisseront mourir, ils auront accompli leur destinée. Naturellement, la longue et courageuse persévérance de la femelle, perdue au milieu de la nuit, pour attirer ce mâle qui tarde bien à venir prend à mes yeux un sens on ne peut plus évocateur.

Posté par CcileA à 21:42 - Commentaires [0] - Permalien [#]

dimanche 23 juillet 2017

L'Histoire, ma bête noire

Combien ai-je vécu de pénibles heures d'intense ennui, de transcription automatique, dans un méchant cahier, de syllabes insipides parsemées de chiffres indifférents ! Que j'ai souffert de fastidieux remplissages au crayon de couleur de zones tout à fait neutres à mes yeux comme si apposer des pigments ici ou là devait servir ma mémoire ! Que m'importait ce qui m'a précédée sur la terre et ce catalogue sans couleur ni consistance de dates, d'événements, de mots savants prodigieusement opaques ?

Peut-être, en revanche, me suis-je sentie un brin concernée lorsqu'on m'a fait porter une jupe tricolore pour le bicentenaire de la Révolution. Ah ! Pour valoir une telle fête, j'ai bien dû croire que c'était quelque chose d'épatant.

Au reste, j'ai traversé les siècles avec une indifférence blasée jusqu'à la fin de mes années de classe.Seuls des films ou des romans parvenaient à donner un souffle de vie, une matérialité sensible à ce passé mort.

En vérité je vivais en idiote, au sens étymologique, je n'existais qu'en moi-même. Ce n'est que plus tard que s'est manifestée pour moi la notion que la société n'est pas seulement une juxtaposition d'individus, comme dans l'enclos de la salle de classe, mais une structure organisée et stratifiée, partant, que les contemporains n'existent tels qu'ils sont que par l'enchaînement des générations et l'orientation que l'ensemble a pris dans un rapport de forces continuel.

Et c'est ainsi que j'ai compris que des faits ponctuels, distants les uns des autres, qui semblaient survenir par accident prennent sens à la lumière de la politique. Car seule la politique, bannie sournoisement du vocabulaire pédagogique bien que le politique soit au cœur de l’Éducation Nationale, crée de la cohésion et de la cohérence entre des événements apparemment décousus.

Quel enseignement j'en tire ? Le pouvoir a trouvé plus commode à gouverner que des gens sans instruction : des gens qui se croient instruits sans savoir grand chose, car les premiers sont avides d'apprendre tandis que les seconds sont bourrelés d'autosatisfaction.

Posté par CcileA à 21:24 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,

mercredi 17 mai 2017

Misères de la vie

Lorsque le favori de vos pensées vous précipite dans un abîme d'indifférence, le coup est meurtrier et c'est à contrecœur que l'on en réchappe. C'est une agonie en pleine santé, une détresse nonpareille qui fait perdre le sens commun. Engourdie, insensible à ce qui vous entoure, vos sens altérés ne vous font sentir que votre peine, une poigne de fer qui vous serre le cœur, vous oppresse et vous convulse.

Dans les sanglots, vous vous écriez que le bonheur n'est qu'illusion, la vie, dénuée de valeur. Ce qui faisait son prix, en effet, a fait défection sans remède.

Chercher une raison d'attendre le lever du jour prochain et n'en trouver aucune, voilà le sort qui vous échoit. Seul l'air que vous inspirez, machinalement, vous fait savoir que vous n'êtes pas encore cadavre, car toutes vos forces vous ont quittée et vous ne vous sentez capable que de rouler à terre.

Vous gardez la mémoire de paradis perdus, un règne de félicité et de plénitude qui vous a condamnée à l'éternelle proscription et à cette pensée ne voyez ici-bas rien que vous pourriez regretter sinon ce qu'il n'est pas en votre pouvoir d'obtenir.

Posté par CcileA à 20:02 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,


mercredi 3 mai 2017

Repentance

Qui n'a pas en tête ce refrain lancinant en faux-bourdon qui se réfère aux « heures les plus sombres de notre histoire », ce ronflement insistant qui s'est insensiblement insinué tel un leitmotiv dans le glossaire prêt-à-porter de la société contemporaine, périphrase figée que l'on déploie avec une gravité funèbre comme une sentence morale pour suggérer l’infamie insoutenable de ce dont on ne doit pas prononcer le nom. Indignité et déshonneur soient sur les coupables.

L'abomination portée à son paroxysme, on le sait, s'incarne en la personne du Maréchal Pétain presque autant qu'en son associé majoritaire, le chancelier Hitler.

Leurs fantômes hideux, dilatés, planent plus que jamais au-dessus de nos têtes, enveloppant de leur ombre maudite les descendants spirituels ou supposés tels que l'Histoire leur a désignés.

Cependant, en entonnant le leitmotiv usé jusqu'à la corde de la collaboration au Mal absolu, c'est la nation entière que l'on entraîne dans l'anathème. La France restera irrémédiablement et éternellement coupable de la déportation, de la colonisation, d'une faute suprême dont le français ignore le sens : « la Shoah » ; le nom de France se trouve ainsi implacablement entaché de « crimes contre l'humanité ». Français, faites pénitence.

http://www.telerama.fr/monde/marine-le-pen-et-le-vel-d-hiv-le-refus-de-la-repentance-est-un-theme-cher-au-fn,156529.php

Les censeurs vigilants, les garants de l'ordre moral humaniste qui se trouvent être aussi aux commandes de l'Etat, s'appliquent sans relâche à redresser la pécheresse et doivent, disent-ils, l'éloigner sans cesse de son irrésistible tentation de recommencer. Vos maîtres ont sur vous une prise infaillible : votre mauvaise conscience. Ils vous ont convaincus que sans leurs harangues, leur guidance, leur patronage, votre abject penchant vous conduirait aussitôt à égorger sans scrupule la veuve et l'orphelin.

Et voilà que sans m'y préparer, j'ai été frappée d'une évidence foudroyante. Ce procédé de gouvernance des esprits et des volontés par la culpabilité, n'est pas inédit dans l'Histoire contemporaine. La première tragédie d'un certain Jean-Paul Sartre en témoigne.  « Je suis las. Voici quinze ans que je tiens en l'air à bout de bras le remords de tout un peuple ». Telles sont les paroles d'Egisthe à l'Acte II, scène III des Mouches. L'auteur s'en expliquera ainsi dans un entretien :

« Il faut expliquer la pièce par les circonstances du temps. De 1941 à 1943, bien des gens désiraient vivement que les Français se plongeassent dans le repentir. Les nazis en tout premier lieu y avaient un vif intérêt, et avec eux Pétain et sa presse. Il fallait alors convaincre les Français, nous convaincre nous-mêmes, que nous avions été des fous, que nous étions descendus au dernier degré, que le Front Populaire nous avait fait perdre la guerre, que nos élites avaient démissionné, etc... Quel était le but de cette campagne ? Certainement pas d'améliorer les Français, d'en faire d'autres hommes. Non, le but était de nous plonger dans un état de repentir, de honte, qui nous rendît incapables de soutenir une résistance. Nous devions nous satisfaire de notre repentir, voire y trouver du plaisir. C'était d'autant mieux pour les nazis.

En écrivant ma pièce, j'ai voulu, avec mes seuls moyens, bien faibles, contribuer à extirper quelque peu cette maladie du repentir, cette complaisance au repentir et à la honte. Il fallait alors redresser le peuple français, lui rendre courage. La pièce fut admirablement comprise par les gens qui s'étaient levés contre le gouvernement de Vichy, le regardaient comme un avilissement, par tous ceux qui, en France, voulaient s'insurger contre toute domination nazie. Les « Lettres Françaises », alors publiées dans la clandestinité, l'avaient proclamé. »

 

Jean-Paul Sartre à Berlin

Discussion autour des «Mouches»

in : Verger, I, Nr. 5, 1948, S. 109-123

Résultat de recherche d'images pour "jupiter mouches sartre"

 

C'est bien de cela qu'il s'agit. Grâce à votre mauvaise conscience face au passé français que la voix des censeurs veut réduire à des actes odieux, ou à votre mauvaise conscience d'avoir de quoi manger tandis que d'autres ont faim, le pouvoir s'assure un contrôle très efficace sur ses sujets. Attention, celui que l'on tient par le remords, il est possible de lui infliger vexations, humiliations et brimades sans craindre de sa part un sursaut de résistance, car il croit avoir mérité son sort.

 

 

Français, jusqu'où êtes-vous près à vous soumettre à des despotes papelards qui vous assurent que leurs ordonnances d'autocrates sont nécessaires au maintien de la démocratie ? Ironie amère de la destinée, ces gens-là gouvernent les âmes par les méthodes mêmes de ceux qu'ils affirment combattre bien que ces derniers ne soient plus de ce monde depuis belle lurette. Preuve s'il en fallait encore que « la Gauche » a pris un mauvais tournant.

Brebis effarouchées, on vous menace de la guerre, mais la guerre est déjà là et ce sont vos pasteurs qui la mènent.

Posté par CcileA à 18:59 - Commentaires [0] - Permalien [#]

dimanche 30 avril 2017

Education.0

 

Posté par CcileA à 23:37 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

mercredi 29 mars 2017

La parité pour les nuls

Posté par CcileA à 21:13 - Commentaires [0] - Permalien [#]

jeudi 23 mars 2017

Il m'arrive une chose étrange

Il m'arrive une chose étrange, une flamme aussi tragique que celle de Camille pour un Albain. Je suis tombée amoureuse de mon bourreau. Je ne dis pas d'un tortionnaire, je ne dis pas d'un monstre, car je n'aurais pas d'affection pour un adepte résolu de la cruauté ou je m'en déprendrais vite, mais d'un personnage fait d'une telle pâte que mon inclination pour lui blesse mes valeurs et compromet mon propre instinct de conservation.

C'est un homme qui vilipende et blâme le féminisme avec la dernière énergie, une rage viscérale dont la virulence m'atterre et s'accorde mal à la tendresse que je ressens pour cet implacable ennemi. Il est de ceux, je crois, qui prennent caution du nom de nature pour circonscrire les êtres selon leur sexe dans des limites étroites et hermétiquement cloisonnées. Il sait sans l'ombre d'un doute ce que doit être la femme, mais hélas je n'ai pas l'heur d'épouser les contours de ce moule comprimant. Par conséquent, bien que femme à part entière, je ne suis pas la femme.

Comme Phèdre devant qui Hippolyte se dérobe, je me consume d'un feu contre-nature et fatal. Et - quelle injustice ! - parce que je ne suis pas conforme à ce qu'on veut, on m'accuse de ne pas m'aimer comme un esprit chagrin disait à Olympe de Gouges que les femmes qui ont le respect d'elles mêmes se mêlent de leurs confitures et non des affaires publiques*. Rien n'est plus faux pourtant que de déclarer que je ne m'aime pas, car j'aime ce que je suis, c'est ce qu'on prétend qu'une femme doit être qui m'est étranger.

*
Le procureur de la Commune de Paris, Pierre-Gaspard Chaumette, applaudissant à l’exécution de plusieurs femmes et fustigeant leur mémoire, évoque cette « virago, la femme-homme, l’impudente Olympe de Gouges qui la première institua des sociétés de femmes, abandonna les soins de son ménage, voulut politiquer et commit des crimes [...] Tous ces êtres immoraux ont été anéantis sous le fer vengeur des lois. Et vousnote 11 voudriez les imiter ? Non ! Vous sentirez que vous ne serez vraiment intéressantes et dignes d’estime que lorsque vous serez ce que la nature a voulu que vous fussiez. Nous voulons que les femmes soient respectées, c’est pourquoi nous les forcerons à se respecter elles-mêmes. »

Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Olympe_de_Gouges

Posté par CcileA à 22:52 - Commentaires [0] - Permalien [#]

vendredi 10 février 2017

Naufrage sentimental

naufrage sentimental1bis

numérisation0002

Posté par CcileA à 17:11 - Commentaires [0] - Permalien [#]