Puisque je vous le dis

jeudi 22 février 2018

Athées de toute espèce, unissez-vous !

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mercredi 24 janvier 2018

Qu'est-ce qui rapporte du fric sur YouTube ?

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vendredi 12 janvier 2018

Un hard de vivre

 

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samedi 9 décembre 2017

Islam et diversité politique

Quand c'est flou [et tabou], c'est qu'il y a un loup.

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jeudi 30 novembre 2017

Corps et âme

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samedi 4 novembre 2017

Vous avez dit libération sexuelle ?

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samedi 30 septembre 2017

Marlène Schiappa, droits des femmes et travers politiciens

 

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dimanche 3 septembre 2017

Le repli

Après maintes années d'exaspérants tracas

Entre les grondements enragés des moteurs,

Les trottoirs ravagés par les marteaux-piqueurs

Dans une agitation qui ne s'arrête pas,

 

J'ai pris la clé des champs sans tambour ni fracas.

Au pré, je veux aller cueillir quelques bonheurs

Solitaires parmi les exquises senteurs

du foin sucré, des fleurs, de la terre et des bois.

 

 

L'exhalaison de la verdure me ravive et m'apaise tandis qu'à mon oreille tinte avec indolence le pas lointain des ruminants. Les vieilles pierres qui me toisent au pignon des habitations, les porches sans âge, les vastes portes cochères aux planches patinées donnent le sentiment fabuleux que le temps s'est arrêté.

La campagne déploie à des lieues à la ronde un silence si profond qu'il en devient troublant. Ici s'esquisse la frontière du territoire humain, car bien que le bipède égoïste s'approprie tout ce qui existe, l'endroit où sa présence se fait rare abrite d'autant mieux l'exubérance discrète et sublime de la vie sauvage.

S'ébahir sans fin de sa beauté, cela n'a pas de prix. En peu de jours, j'ai pu voir presque autant de mammifères sauvages vivant en liberté que dans toute ma vie. J'ai surpris la course folle d'un renard à travers un pré, les bonds d'un chamois au détour d'un sentier, la promenade d'un chevreuil en forêt. A tous, avant de les perdre de vue, eux que la férocité d'un chasseur pourrait abattre bientôt, j'avais envie de crier que je les aime à mourir, mais je me suis abstenue, sachant qu'ils n'entendent goutte à mes mots.

Que j'ai eu tort aussi de me laisser priver pour des sottises d'observer les papillons ! C'est ainsi qu'un spectacle, pourtant commun, m'a retenue et émerveillée sur le bord d'un chemin. Sous mes yeux charmés tourbillonnaient comme par magie les couleurs d'un rêve tandis qu'une ribambelle d'argus bleus butinait en compagnie d'abeilles et d'autres hyménoptères une rangée de fleurs en épi rose vif que je crois être une variété de trèfles.

argus bleu2

J'ai même découvert, un soir, une étoile tombée dans l'herbe, une femelle lampyre, encore appelée ver luisant. Je me suis sentie profondément émue par cette bestiole dont j'avais presque oublié l'existence depuis mes années d'enfance, où nous les guettions quelquefois sous le buis du jardin. Cette petite femelle qui ne paie pas de mine à la lumière du jour, se transfigure le soir en astre miniature dans l'attente patiente de son cavalier ailé. Après une unique œuvre de génération, ces insectes se laisseront mourir, ils auront accompli leur destinée. Naturellement, la longue et courageuse persévérance de la femelle, perdue au milieu de la nuit, pour attirer ce mâle qui tarde bien à venir prend à mes yeux un sens on ne peut plus évocateur.

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dimanche 23 juillet 2017

L'Histoire, ma bête noire

Combien ai-je vécu de pénibles heures d'intense ennui, de transcription automatique, dans un méchant cahier, de syllabes insipides parsemées de chiffres indifférents ! Que j'ai souffert de fastidieux remplissages au crayon de couleur de zones tout à fait neutres à mes yeux comme si apposer des pigments ici ou là devait servir ma mémoire ! Que m'importait ce qui m'a précédée sur la terre et ce catalogue sans couleur ni consistance de dates, d'événements, de mots savants prodigieusement opaques ?

Peut-être, en revanche, me suis-je sentie un brin concernée lorsqu'on m'a fait porter une jupe tricolore pour le bicentenaire de la Révolution. Ah ! Pour valoir une telle fête, j'ai bien dû croire que c'était quelque chose d'épatant.

Au reste, j'ai traversé les siècles avec une indifférence blasée jusqu'à la fin de mes années de classe.Seuls des films ou des romans parvenaient à donner un souffle de vie, une matérialité sensible à ce passé mort.

En vérité je vivais en idiote, au sens étymologique, je n'existais qu'en moi-même. Ce n'est que plus tard que s'est manifestée pour moi la notion que la société n'est pas seulement une juxtaposition d'individus, comme dans l'enclos de la salle de classe, mais une structure organisée et stratifiée, partant, que les contemporains n'existent tels qu'ils sont que par l'enchaînement des générations et l'orientation que l'ensemble a pris dans un rapport de forces continuel.

Et c'est ainsi que j'ai compris que des faits ponctuels, distants les uns des autres, qui semblaient survenir par accident prennent sens à la lumière de la politique. Car seule la politique, bannie sournoisement du vocabulaire pédagogique bien que le politique soit au cœur de l’Éducation Nationale, crée de la cohésion et de la cohérence entre des événements apparemment décousus.

Quel enseignement j'en tire ? Le pouvoir a trouvé plus commode à gouverner que des gens sans instruction : des gens qui se croient instruits sans savoir grand chose, car les premiers sont avides d'apprendre tandis que les seconds sont bourrelés d'autosatisfaction.

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mercredi 17 mai 2017

Misères de la vie

Lorsque le favori de vos pensées vous précipite dans un abîme d'indifférence, le coup est meurtrier et c'est à contrecœur que l'on en réchappe. C'est une agonie en pleine santé, une détresse nonpareille qui fait perdre le sens commun. Engourdie, insensible à ce qui vous entoure, vos sens altérés ne vous font sentir que votre peine, une poigne de fer qui vous serre le cœur, vous oppresse et vous convulse.

Dans les sanglots, vous vous écriez que le bonheur n'est qu'illusion, la vie, dénuée de valeur. Ce qui faisait son prix, en effet, a fait défection sans remède.

Chercher une raison d'attendre le lever du jour prochain et n'en trouver aucune, voilà le sort qui vous échoit. Seul l'air que vous inspirez, machinalement, vous fait savoir que vous n'êtes pas encore cadavre, car toutes vos forces vous ont quittée et vous ne vous sentez capable que de rouler à terre.

Vous gardez la mémoire de paradis perdus, un règne de félicité et de plénitude qui vous a condamnée à l'éternelle proscription et à cette pensée ne voyez ici-bas rien que vous pourriez regretter sinon ce qu'il n'est pas en votre pouvoir d'obtenir.

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