A nouveau nous serons aux urnes convoqués,

Français, pour un suffrage aux accès tous bloqués.

Nous faut-il d'un vampire avaliser le règne ?

Et consacrer encor un pouvoir qui nous saigne ?

Lorsque les vils pantins devant nous paraîtront,

Parés de grands discours dictés par leurs patrons

Qui de nous sera dupe ? Et qui donc pourra croire

Que de la France seule ils poursuivent la gloire ?

Ces ministres nourris aux dépens de l'Etat,

Qui l'ont dilapidé d'un bras traître et ingrat,

Loin de rougir, odieux, de leur forfait perfide

Viennent encor du peuple exiger le suicide

Et dans l'affreux chaos plonger la nation

Qui du monde s'est crue le grand diapason.

 

J'ai déjà parlé des élections et de leur piètre valeur à mes yeux, mais je n'avais pas saisi alors l'ampleur de la mascarade. Il résulte de l'Union Européenne que ce n'est plus en France que le destin de la France se joue. Il s'agit peut-être de la plus grande spoliation de notre histoire qui pourrait aboutir à la dislocation de notre pays.

Bien sûr je ne compte pas accorder ma voix aux guignols qui gesticulent devant un électorat de spectateurs, mais, s'il peut se présenter, à un candidat qui consacre depuis des années son temps et son énergie à informer le public des méfaits qui ont lieu dans les coulisses de la machine Europe.

 

C'est une injure à tous ceux et celles qui ont lutté au prix du sang pour devenir citoyens à part entière, mais aussi au souvenir de grands hommes de lettres et d'Etat, car il fut un temps où la République ne mettait pas que des comptables à sa tête. Ces poètes qui ont fréquenté des rois et qui, comblés d'honneurs et de prestige ont néanmoins pris la défense des indigents, de la canaille maudite, des damnés de la terre, comme aucun de leurs classes, en particulier Alphonse de Lamartine et Victor Hugo.

Quelle insulte font à la mémoire de ce dernier les fomentateurs de l'Union qui associent à leur tyrannique dessein un notable qui a enduré l'exil et les menaces au nom de la liberté des peuples ! Lequel de ces infâmes peut se comparer à l'homme des utopies qui déclarait : « qu'aux gouvernements désunis succèdent les peuples unis. Finissons-en avec les empires meurtriers. Muselons les fanatismes et les despotismes » ?

Allons, tout ce dont ces histrions sont capables, c'est jeter à tous les vents le nom de « démocratie » dans l'espoir de donner l'illusion de son existence...